Une alternative à l'apprentissage

Publié le par Frédo45

L'apprentissage, la solution-miracle au décrochage scolaire et à la précarité des jeunes selon les libéraux. Un outil de ségrégation scolaire surtout. Un moyen de se débarrasser suffisamment tôt des élèves dits décrochés voir perturbateurs.

Oui, l'apprentissage est symptomatique de l'éducation élitiste instaurée par notre système éducatif. Un système où les exigences sont démesurées pour l'école primaire, ce qui entraîne le décrochage de certains élèves qu'on destine alors à la précarité.

L'apprentissage est aussi une entorse à l'unicité du collège et un moyen pour les entreprises de recruter une main d’œuvre à bas coût.

On exige, sans allouer de moyens supplémentaires à l'école primaire, qu'elle forme des élèves maîtrisant tous les paramètres d'une langue ô combien complexe. Ça n'est tout simplement pas possible, ça ne l'a jamais été, malgré les nostalgiques de "l’École d'avant" qui ne parvenait pas non plus à faire de tous les élèves des linguistes chevronnés. La preuve en est que la catégorie d'âge qui possède la plus grande proportion d'illettrés est celle des plus de 65 ans.

En ayant des exigences si élevées, on laisse sur le bord du chemin tous les élèves qui connaissent des difficultés d'apprentissage. Ces élèves sont ceux que l'on destine à devenir apprentis et à quitter le plus tôt possible, y compris sans qualification les rangs de l’École. Voilà pourquoi il faut d'une part étaler les apprentissages fondamentaux dans le temps (y compris au lycée où l'on travaille peu la grammaire française au final) et d'autre part proposer dès le cycle 3, des cours dit de culture professionnelle. Au cycle 3, ils concerneraient environ 50 heures dans l'année et permettraient d'initier les élèves au jardinage, à la cuisine, au bricolage... Tout cela, pourquoi pas en lien avec des artisans locaux.

Au collège, le nombre d'heures consacrées à ces cours augmenterait et cela aurait l'avantage de créer du lien entre apprentissages fondamentaux et apprentissages professionnels. Tous les élèves, peu importe leur niveau scolaire, auraient le choix parmi des activités définies par l'établissement (ceux déjà cités pour le cycle 3 mais d'autres sont possibles comme la photographie, le journalisme, la menuiserie, la programmation informatique...). Les "bons élèves" seraient confrontés eux aussi aux activités manuelles et les "moins bons" et notamment les décrochés, verraient là l'occasion d'être valorisés dans leur travail et de mieux cerner la nécessité de maîtriser les savoirs fondamentaux. Le collège ne serait plus pour eux une longue agonie scolaire et les orientations seraient alors choisies et non plus subies. On n'interdirait plus non plus aux élèves qui réussissent de s'engager vers des filières manuelles comme c'est parfois le cas aujourd'hui. Les filières professionnelles ne seraient plus des filières à éviter mais elles seraient encouragées et synonymes elles aussi d'excellence.

L'âge de scolarisation obligatoire pourrait alors aisément être repoussé à 18 ans avec des parcours nettement différenciés après le collège qui resterait unique. On augmenterait les degrés de qualification et le bien-être des élèves (et celui des enseignants). L'apprentissage pour les mineurs (qui n'es autre que du travail d'enfant déguisé) n'auraient plus de raison d'être si la culture professionnelle était intégrée dans les programmes.

Mais pour cela, il faudrait chasser les libéraux du pouvoir... Et ça, c'est une autre affaire.

Publié dans Education-Santé

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