Quelles alternatives à l'apprentissage ?

Publié le par Frédo45

Ils ont tous ce mot à la bouche ! Pour lutter contre le décrochage ? L'apprentissage. Pour pacifier les classes difficiles ? L'apprentissage. 

Et oui ! Pour nos politiques, l'apprentissage serait LA solution. C'est surtout pour eux le moyen d'instaurer un tri dès le collège et de fournir, comme le MEDEF le désire, une main d'oeuvre bon marché pour les industriels.

Apprentissage : une vraie bonne solution ?Mais la réalité, c'est qu'à de rares exceptions, l'apprentissage ne fonctionne pas. Les élèves en décrochage ne raccrochent pas et son souvent des poids pour les tuteurs qui les accueillent. Si tu n'as pas appris une culture commune à l'école, comment imaginer qu'on va les apprendre dans le cadre d'une entreprise qui doit tourner sans attendre ?

De plus, rappelons, et soyons clairs là-dessus, l'apprentissage est du travail d'enfants déguisé. Nos parents et grands-parents se sont battus pour que leurs enfants aillent le plus longtemps possible à l'école et ne soient pas contraints d'aller travailler dès leur plus jeune âge. Et que proposent certains hommes politiques, souvent de droite, parfois de gauche ? De permettre l'apprentissage dès 12 ans ? Oublieraient-ils que le but de l'Ecole de la République est de former des citoyens et pas en priorité des travailleurs malléables ? Non, ils ne l'oublient, ils le savent très bien et leur objectif est de construire un système éducatif en adéquation avec les désirs du grand capital.

Voilà pourquoi il faut s'opposer à l'apprentissage ! 

Mais cela ne suffit pas ! Car critiquer l'apprentissage ne suffit pas à rendre les filières professionnelles attractives et à permettre aux élèves en difficulté de reprendre goût au savoir.

Une proposition simple consisterait à instaurer dans les programmes de l'Education Nationale, dès le CP, des heures de "culture professionnelle" qui se traduiraient à l'école élémentaire, par des activités d'initiation : au jardinage, à la cuisine, à la programmation informatique, au travail du bois, à de la mécanique élémentaire... Au collège, cela se traduirait sous la forme d'options obligatoires, soit sur un roulement (exemple : 1 trimestre jardinage, 1 trimestre cuisine, 1 trimestre fabrication technique). 

Cela aurait l'intérêt que TOUS les élèves, mêmes les bons, y participeraient et que par conséquent, ce ne serait pas des voies de garage, des disciplines "sales" à éviter. D'ailleurs, si un bon élève s'y sent bien, il n'y aurait plus aucune raison de lui refuser la filière professionnelle comme ça peut être le cas parfois.

Cela aurait aussi l'intérêt de donner du sens aux apprentissages pour les élèves en difficulté. Ils y trouveraient une raison simple de travailler en mathématiques, en français et dans toutes les autres matières.

Bien sûr, ce n'est pas une solution miracle mais c'est une proposition qui redonnerait ses lettres de noblesse aux filières professionnelles, garantirait l'accès à ces dernières pour tous, pourrait limiter le décrochage, empêcherait le travail déguisé des enfants et refixerait les objectifs avant tout citoyens et républicains de notre système éducatif. 

Publié dans Education-Santé

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