Pour une laïcité inclusive

Publié le par Frédo45

Loi contre les prières de rue, interdiction des signes religieux à l'école, principe de neutralité appliqué aux élèves... Ces évolutions législatives récentes semblent renforcer la laïcité mis à mal par l'extrémisme religieux.

 

Sauf que toutes ces réformes, instaurées par la droite sous l'influence de Patrick Buisson, n'ont qu'un seul objectif : convaincre les électeurs et notamment ceux du FN que l'Etat lutte contre le développement de l'islam. Elle met en oeuvre une laïcité exclusive qui contredit les textes qui doivent demeurer nos références : la Déclaration Uuniverselle des Ddroits de l'Homme et la Convention Internationale des Droits de l'Enfant.

 

Que disent ces textes ?

 

Article 18  de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme

 

Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

 

Article 13 de la Convention Internationale des Droits de l'Enfance.


1.L’enfant a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté de
rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de
toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écri-
te, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant.
2.L’exercice de ce droit ne peut faire l’objet que des seules restrictions
qui sont prescrites par la loi et qui sont nécessaires :
- au respect des droits ou de la réputation d’autrui ; ou
- à la sauvegarde de la sécurité nationale, de l’ordre public, de la santé
ou de la moralité publiques.

 

En ce sens, le principe de neutralité réclamé aux élèves va à l'encontre de ces deux textes ratifiés par la France. Car en effet, si les fonctionnaires doivent faire preuve de neutralité philosophique et religieuse du fait de leur position représentative de l'Etat, pourquoi les élèves et plus généralement, à termes, les usagers des services publics devraient-ils cacher leurs orientations politiques, religieuses, voire sexuelles. Comment expliquer que l'on demande aux enseignants de transmettre le respect des différences si on les masque, on les tait, on les enferme dans un coffre construit sous la pression des islamophobes.

 

Car ne nous y trompons pas, si ces décrets et circulaires ont été publiés, c'est bien en réaction à quelques actes isolés provenant de la communauté musulmane. Les prières de rue ont été interdites en 2011 après que Marine le Pen s'en soit émue. L'interdiction du port de signes religieux a pour source l'arrivée dans les lycées de femmes portant le voile islamique. Le principe de neutralité est une réponse à certains débordements verbaux entendus dans les salles de classe, notamment autour du conflit israélo-palestinien.

 

Cependant, si les prières de rue cont interdites, pourquoi autorise-t-on dès lors des processions catholiques à Pâques ? Pourquoi si des débordements sur le conflit israélo-palestinien ou sur la remise en cause des crimes nazis, n'applique-t-on pas la loi qui punit certains débordements verbaux ? Pourquoi utilise-t-on la laïcité pour lutter contre l'islam ?

 

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La Laïcité n'a pas vocation à exclure les religions des lieux publics, elle a pour vocation à permettre à chacun de suivre le culte qu'il entend dans les mêmes conditions garanties par l'Etat. La laïcité, ce n'est pas l'anticléricalisme, c'est la volonté de voir les religions considérées également. Elle ne doit pas être l'objet d'une quelconque forme de ségrégation, auquel cas, elle provoquerait un ressentiment contre elle et mettrait en danger le scolce républicain. Si elle est utilisée à des fins électoralistes et engendre un sentiment d'esclusion, elle agrandira la fracture sociale et idéologique déjà présente en France.

 

C'est pourquoi on ne peut interdire à un élève d'exprimer son opinion et d'exprimer ses préférences religieuses (dans le cadre de la loi bien entendu car toute liberté a ses limites fixées par le respect des autres) car nous serions alors en contradiction avec les droits de l'Homme dont nous nous auto-proclamons premiers défenseurs.

Publié dans Education-Santé

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