Différenciation pédagogique : problème ou solution ?

Publié le par Frédo45

J’ai vu passer des vidéos qui critiquent la différenciation pédagogique et appellent à ne plus en faire. Je ne sais pas si c’est une méconnaissance de ce qu’est la différenciation ou si c’est une vraie posture qui s’y oppose. Parce que s’il s’agit de critiquer la vision individuelle de ce que nous impose l’institution, il n’y a pas de souci. Mais s’il s’agit de remettre en cause les moyens de remédiation pour aider les élèves en difficulté, ça m’apparaît plus problématique.

Publicité

Depuis des années, l’Education Nationale promeut une réponse individualisée à la difficulté scolaire. Cela répond à une exigence consumériste de la part des familles et à une société qui toujours plus se replie sur les individualités au détriment du collectif et du bien commun. Cela se traduit par le fameux PPRE, Programme Personnalisé de Réussite Educative, qui n’a qu’un seul but : faire croire aux parents qu’on fait tout ce qu’il faut pour leur enfant.

Mais la différenciation, ce n’est pas ça. La différenciation, c’est étudier les profils des élèves à travers leurs erreurs pour leur proposer, réunis par groupe de besoins, une remédiation efficace à leurs difficultés. Prenons un exemple concret : la division euclidienne. Il y a de nombreux motifs d’échecs : cela peut être dû à une incompréhension de la méthode mais aussi à un manque de maîtrise de la soustraction, ou encore à une méconnaissance des tables. De fait, la différenciation nous impose de proposer aux élèves des exercices différents pour leur permettre d’atteindre l’objectif de maîtrise de la division. L’enseignant proposera une modélisation aux premiers élèves, un atelier de révision de la soustraction au deuxième groupe et des jeux ou exercices d’apprentissage des tables pour les derniers. Pour ceux qui sont en réussite, il proposera des exercices pour aller plus loin (nombre à deux chiffres, calculs décimaux, calcul de tête de la soustraction…). Et ce qui est vrai pour la division est vrai pour d’autres notions et d’autres disciplines. On peut imaginer un fonctionnement similaire en littérature avec des élèves qui ont des difficultés de fluence, d’autres des lacunes lexicales, d’autres une incapacité à faire des inférences…

Cependant, pour faire cela, il faut du temps. Du temps en-dehors du temps de la classe car les corrections qui visent à traiter la particularité de l’erreur sont plus longues. Et quand on est à plus de 25 en double-niveau dans le primaire et encore plus avec des CM2 et quand on doit rédiger les ineptes PPRE, ce temps, nous n’en disposons pas.

Voilà pourquoi la baisse des effectifs est une nécessité. Tout comme la fin de l’individualisation des parcours. Pour pouvoir prendre en compte la diversité des élèves, il faut du temps que la surcharge des classes nous prend.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article