Vers la fin de l’éducation prioritaire ?

Publié le par Frédo45

Novembre 2020, Nathalie Élimas, secrétaire d'État chargée de l'éducation prioritaire, annonce trois expérimentations pour mettre en œuvre la réforme de l'éducation prioritaire dès la rentrée 2021. Les académies de Nantes, Marseille et Lille sont concernées. À travers ces expérimentations, il s'agit de mettre en œuvre les préconisations du rapport Azéma-Mathiot publié en novembre 2019, rapport qui souhaite mettre fin au zonage REP (tout en conservant l’appellation REP +). Nathalie Élimas propose ainsi de créer des contrats locaux d’accompagnement (CLA) entre les établissements scolaires et le rectorat avec des objectifs à atteindre en échange de moyens supplémentaires.

Nathalie Elimas et Jean-Michel Blanquer ont disparu à la faveur des élections législatives mais qu’en sera-t-il de la politique du nouveau ministre Pap N’Diaye en la matière. Va-t-il mettre fin à ces expérimentations qui annoncent ni plus ni moins la fin de l’éducation prioritaire ? Rien n’est moins sûr tant le discours du nouveau locataire de la rue de Grenelle est nébuleux.

Une réforme de l’éducation prioritaire qui mène à une plus grande progressivité des moyens alloués et à une prise en compte de facteurs aujourd’hui ignorés (comme l’accès à la culture et aux services publics notamment pour les écoles rurales), est nécessaire mais cela ne doit pas se faire au détriment d’un cadre national, garant de l’équité sur le territoire et encore moins dans une vision mercantile qui limiterait les moyens.

Les enseignants doivent se battre pour l’abandon de cette expérimentation qui permet à l’enseignement privé de bénéficier de dotations liées à l’éducation prioritaire. Là encore, le bilan Blanquer montre une affection particulière pour les établissements privés sous contrat au détriment des écoles publiques.

Article à paraître dans le FSC45 de septembre 2022

Publié dans Education-Santé

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