Espérance Banlieue à Orléans ? De la nécessité de s'y opposer.

Publié le par Frédo45

 

Une école privée hors contrat pourrait s'implanter à Orléans... 

L’occasion de faire la lumière sur la fondation Espérance Banlieues et de rappeler son opposition à la création d’école privée hors contrat.

La municipalité orléanaise ne nie pas son intérêt pour ce projet. Elle pourrait éventuellement vendre un terrain à la Fondation, facilitant de fait son implantation. Pour le président de la fondation, « Orléans tient la corde ». Dans l’académie d’Orléans-Tours, c’est aussi une quinzaine de projets d’écoles hors-contrat qui sont à l’étude.

 

Une opposition franche

Il est temps de s'opposer clairement à l’enseignement privé hors-contrat. Ces écoles ne sont pas tenues de suivre les programmes et sont souvent des remparts à la laïcité. Elles répandent une culture élitiste et empêchent la mixité sociale. Enfin, le fait qu’elles soient payantes contrevient au principe de gratuité de l’instruction et plus généralement aux principes d’égalité républicaine.

 

Espérance Banlieues, qu’est-ce que c’est ?

C’est une fondation parrainée par des vedettes comme Harry Roselmack ou Djamel Debbouze qui, officiellement, entend lutter contre le décrochage scolaire, pour l’intégration des enfants issus de l’immigration et développer l’esprit patriotique des élèves. Dans les écoles Espérance Banlieues, les respect de l’autorité est mise en avant par des rituels tels que le lever hebdomadaire des drapeaux français et européens, par l’entonnement quotidien de l’hymne national et par le port de l’uniforme. Le vouvoiement des élèves y est de rigueur, tout comme le passage d’évaluations hebdomadaires en français, mathématiques et en histoire. Actuellement, la fondation gère une dizaine d’écoles. 15 projets sont étudiés. A terme, elle compte créer 100 à 200 écoles pour assurer son « maillage » en France.

 

Il était une fois...

Il était une fois un ministre de l’Education Nationale ultra-catholique sous un gouvernement qui voulait démanteler l’Ecole de la République... Voilà comment pourrait débuter l’histoire de la Fondation Espérance Banlieues. Rappelons-nous de cet extrait de la lettre de mission envoyée par le président Sarkozy à son ministre X. Darcos :

 

« Vous ne dissuaderez pas les établissements privés de s’installer dans les quartiers en difficulté et, au contraire, vous les soutiendrez. »

Nicolas Sarkozy, Président de la République au Ministre de l’Education Nationale

 

Derrière les beaux discours, des catholiques traditionnalistes.

Il n’en fallait pas plus pour voir les catholiques traditionnalistes et les néolibéraux s’engouffrer dans la brèche et si on gratte le vernis du marketing, c’est une nébuleuse bien inquiétante qui se dévoile. Car derrière la Fondation Espérances banlieues, se cache la Fondation pour l’Ecole qui l’abrite, déclarée d’utilité publique (ce qui permet que les dons soient déductibles au 2/3 des impôts) en… 2008, sous le quinquennat Sarkozy. A la direction de cette fondation, on trouve Anne Coffinier que Le Monde qualifie d’égérie de la Manif Pour Tous. Cette catholique traditionnaliste exècre la laïcité, dénonce l’enseignement du « gender » dans nos écoles et la politisation des programmes et va même jusqu’à critiquer le privé sous contrat, trop laxiste à son goût. Pour A. Coffinier, les enseignants ne sont « pas formés, mais déformés », ce qui a poussé sa Fondation à créer des ILFM (Institut Libre de Formation des Maîtres) dont l’objectif est de « participer à la réconciliation de la foi et de la raison » (M. de Préville, directrice de l’ILFM).

En allant plus loin, on découvre aussi des liens entre la Fondation pour l’Ecole et SOS Education, voire Henry de Lesquen, récemment condamné à 16.000 € d’amende pour provocation à la haine et contestation de crime contre l'humanité. Que du beau monde !

 

Des réactionnaires… Et des libéraux

Eric Mestrallet, le créateur des écoles Espérance Banlieues n’est pas seulement proche des milieux réactionnaires mais aussi du monde affaires. Lui-même chef d’entreprise, il n’hésite pas à demander l’obole auprès des multinationales du CAC 40. Ses écoles sont ainsi financées par de généreux mécènes comme Thalès, Bouygues, Axa, la Société Générale. Gérard Mulliez, propriétaire des magasins Auchan participe même à des levers de drapeaux et Auchan a œuvré à la création d’une école à Roubaix. Bien entendu, ce petit monde défend le chèque éducation, la suppression de la carte scolaire, l’autonomie et la mise en concurrences des établissements. Aucun danger, dîtes-vous ?

 

Alerter, encore et toujours...

Les élus FDG de la région Île de France ont alerté le ministre Blanquer en novembre dernier. Ils dénoncent un projet traditionaliste, inefficace et bénéficiant d’un financement public qu'ils estiment illégal. Pour l'instant, rien ne bouge...

Pour en savoir plus sur France Inter...

Pour en savoir plus sur Humanité.fr

Article paru dans la revue "Fenêtre sur cours 45".

Publié dans Education-Santé

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