La fin du paritarisme

Publié le par Frédo45

Emmanuel Macron voue une haine au paritarisme. Or le paritarisme est un des piliers de notre république. Une république sociale, solidaire, humaine. 

Emmanuel Macron promeut l'élitisme, la verticalité, l'individualisme, tout ce que le paritarisme interdit. Il devient de ce fait un frein, un obstacle à son projet, le principe fondateur de la France d'après-guerre à abattre.

Dans sa Loi Travail, il a instauré le référendum d'entreprise pour passer outre la représentation syndicale. C'était déjà un premier signe. Ce signe, pour le moment, s'est surtout retourné contre lui avec le référendum organisé chez Air France. Emmanuel Macron est persuadé que parce que les adhérents syndicaux sont peu nombreux, parce que les mobilisations sont pour le moment assez faibles, cela signifie que les salariés soutiennent ses réformes contre les syndicats. C'est oublier que les syndicats sont aujourd'hui les derniers remparts aux dérives libérales. Et cela compte au moment de sauver ce qu'il reste de notre modèle social. Ce modèle social qui reste important aux yeux des Français. 

Il a aussi baissé les cotisations sociales et augmenté dans le même temps la CSG. Cette fiscalisation de l'assurance-chômage et dans une moindre mesure - pour l'instant - de l'assurance maladie est un signe supplémentaire de cette haine du paritarisme. En transférant à l'Etat des compétences qui, depuis le CNR, incombaient aux organisations syndicales et patronales (qui au final, ne se débrouillaient pas si mal que ça), il diminue encore la capacité des salariés à peser dans les discussions sur nos différents régimes sociaux. Il affaiblit le salariat au profit de la doxa libérale qu'il appuie et du patronat.

Plus récemment, les syndicats de fonctionnaires ont reçu un document de travail dans lequel il est question de supprimer, tout bonnement, la gestion paritaire des avancements et mutations des fonctionnaires. Encore une fois, c'est le paritarisme et le syndicalisme qui sont attaqués.

A l'instar de Nicolas Sarkozy, le président Macron voue une haine sans limite aux corps intermédiaires. Cela démontre qu'ils sont les seuls à incarner une réelle opposition au pouvoir. Cet acharnement contre eux prouve qu'ils sont les seuls à pouvoir enrayer le bulldozer libéral qui s'impose en Europe et par conséquent, en France. Les salariés et retraités seraient bien inspirés de s'interroger sur cette volonté de voir disparaître le syndicalisme et le paritarisme. Le paritarisme, c'est le CNR et le CNR, c'est la France dans ce qu'elle de plus noble. S'y attaquer, c'est s'en prendre à cette noblesse. 

Publié dans Politique, Social, syndicalisme

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